Retour du refoulé

Publié le par Alfrédine Chope

Mais qu’est-ce donc qui ainsi tant me trouble ?

Ah ! Las que ne puis-je donc plus me le cacher

Raison ne puis non plus garder. Tout à lâcher,

Ce puissant refoulement ne vaut plus un rouble.

 

Volonté acharnée ne suffit, le tourment redouble,

Oh dois-je craindre de toujours vous fâcher

Tant je suis prompte à ne jamais mâcher

Railleries ou douleurs qui font mon trouble ?

Exerçais-je seulement un peu de pouvoir ?

 

Ardeur tourmentée si violente en mon âme,

Rudoiement que je m’adressais pour blâme,

D’aimer encore un homme que je ne peux voir.

Eternel feu en mon sein que je pensais savoir

Un jour, comment étouffer sans heurt ni drame.

Riais-je faux quand semblait drôle, la trame

 

Acidulée de ces folies ne pouvant qu’émouvoir ?

Sauvais-je les apparences quand au comble

Si brûlant de ces tortures, mes tendres amours

En mon cœur rongeaient ces liens vautours

Coulant une lave morphinique au sein de ces combles.

Hautaine et froide je puis parfois le paraître,

Enveloppant mieux la chaleur de mon cœur maître.

 

Alfrédine Chope

 

NB : ce texte m’est venu à la suite de la lecture du livre « Orgueil et Préjugé » de Jane Austen, que j’ai adoré. Je me suis complètement retrouvée dans les personnages d’Elisabeth et Darcy, et en fermant ce livre, je me suis d’abord sentie très mal, pleurant tout ce que je pouvais. On peut se convaincre qu’on est passé à autre chose dans sa tête, mais le cœur n’obéit pas à la dictature de la raison. On peut l’endormir de paroles apaisantes, mais un jour… le refoulé remonte à la surface et c’est aussi voire plus violent que la première fois. Je l’aime et je n’y peux rien. Où est mon Darcy ?

Publié dans Poèmes à Peter

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article