A mon prince

Publié le par Alfrédine Chope

Où sont donc les princes charmants de notre enfance,

Qui ont fait germer en nous tant de vaines espérances,

Tant de fois notre cœur s’est bien vite emballé,

Pour aussitôt sur l’épaule d’une amie, se déballer.

 

Mais pourquoi croire que tels princes existent ?

Car dans tous ces contes, l’illusion consiste

A ne surtout jamais nous décrire ce fameux prince

Et c’est à n’en point douter, bien là que ça coince.

 

La supercherie est parfaite, car ainsi, notre imaginaire

Met à notre héros tous les atouts dont il le veut tributaire

Et nous passons notre vie, à rechercher celui qui

Avait réussi à créer, ce tout premier instant de magie.

 

Même si tout au fond de nous, nous le savons bien

Ce célèbre inconnu, lointain, si lointain,

Rend à chaque fois, tous les autres postulants

Si fades, peu convaincants et attrayants.

 

Alors, nous attendons, lasses de tout espoir

Et un jour sans crier gare, sans savoir,

Au fond de son regard, vous lisez que c’est lui,

Ce prince que vous avez cherché jusqu’à aujourd’hui.

 

Ses yeux dans les vôtres se noient et s’illuminent

Et ainsi vous transperce ardemment la poitrine,

En un instant la violence de ce sentiment,

Qui vous transporte tout deux brusquement,

 

Vous fait réaliser que vous n’aviez jamais aimé avant.

Puis les incohérences de comportement de ce savant

Stratège, vous vont souffrir un atroce martyre,

Quand enfin vous voyez que sa timidité lui fait pire.

 

Je voudrais l’aider, mais l’aimer ne suffit pas,

J’ai besoin de l’entendre me dire, ce qu’il ne dit pas,

Mais désormais, j’ai enfin compris, qu’aujourd’hui,

Je n’ai pas d’autre choix que, toute ma vie, l’attendre, Lui.

 

Car en effet, si toute ma vie, j’ai rêvé d’un illusion

D’un factice prince charmant, avec un joli blason

Lui est réel, et son regard dans ma mémoire

A jamais immortel. Alors, ne voulant pas le décevoir

 

Je tâcherai de lui montrer que je comprends

Que pour se déclarer, il lui faut du temps,

Et que de mon côté, il est mon Prince Charmant,

Et même si en rien il ne ressemble à mes rêves d’enfant,

 

Il est tellement, tellement mieux que ce héros stupide ;

Qu’il aura droit à toutes les maladresses les plus candides

Quand enfin, il se décidera à venir vers moi

De quelques manières et quand que ce soit.

 

Alfrédine Chope

Le 22/02/2010

Publié dans Poèmes à Peter

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